Si je te dépose directement ce message, c'est parce que je viens de faire une importante découverte. Découverte qui réclame ton attention immédiate et celle de ton professionnalisme redoutable. èt dire que tu t'attendais sans doute à lire le bavardage distrayant d'un vieux copain! Je voudrais bien pouvoir papoter, mais tu vois, si j'ai pris soin que tu lises ce message le plus tôt possible, ce n'est pas pour te faire part des derniers potins... Comme tu le sais, le Conseil a financé nos recherches visant à produire l'électronique d'un chasseur intercepteur tactique de type RAFALE ST/7A ( Baptisé IART à cause des fuites ) entièrement autonome et autopiloté par un super-ordinateur, capable de se défendre contre des attaques de chasseurs rebelles, voir de les anticiper. Tu sais également que nos efforts ont porté leurs fruits, des tests préliminaires ont déjà été effectués sur les systèmes d'armes et l'intelligence artificielle du prototype, et se sont révélés très satisfaisants. Tu as probablement noté que les milieux militaires montrent un grand enthousiasme pour ce nouveau projet. Pour la première fois, nous allons disposer d'un appareil capable d'engager un rebelle, à un contre un, avec une bonne probabilité de succès. Ce qui représentera une nette amélioration par rapport aux attaques ou défenses que nous sommes encore contraints d'employer. Mais cet enthousiasme pour l'IART est aussi la raison pour laquelle je ne t'envoie pas ce message par les canaux normaux, mais sur papier, par le biais d'un de mes meilleurs amis du centre. Etant donnée mon poste de chercheur adjoint, mon courrier électronique ordinaire fait l'objet d'une surveillance de routine. L'opinion militaire place tous ses espoirs dans le projet IART. Le sujet est presque devenu religieux, et un message ordinaire pourrait bien être retenu pour "vérification" ou bien effacé par "mégarde". Il faut que je te parle du travail que j'ai accompli et de ses conséquences pour le projet tout entier. Je vais m'efforcer d'éviter les termes trop techniques. Ne m'en veut pas si certaines explications te semblent superflues MAIS Le sujet est si grave que je ne peut courir le moindre risque d'être mal compris ou pis, de sembler parvenir à des conclusions erronées. Donc, quand j'ai débuté au CNRS nous avons reçu une subvention militaire pour un programme de recherches qui devint par la suite le projet IART. Il s'agissait de concevoir une machine dotée d'une intelligence égale à celle d'un cerveau humain. L'accent était mis sur les capacités de " pensée associative " et de généralisation ou encore "Logique floue ". Ces techniques de programmation se sont révélées, avec deux CRAY Xmp, êtres les seules à égaler La dernière génération de calculateurs " Américano-Européen " opérant sous les algorithmes de l'ITG (Georgia Institute of Technology ) détenu aux laboratoires de la défense à Ainsi, je fut transféré au DRRA (Département de Recherches en Reconnaissance Artificielle), déviant rapidement en : DRIA ( I comme ? ) Tu te souviens de l'arrêt du projet qualifié "d'échec ruineux" ? Je ne sais pas si son arrêt brutal t'a mis la puce à l'oreille, ni si tu as eu la curiosité d'investiguer un peu et de chercher ce qui s'était réellement passé. Moi, je sais. Dieu fasse que les gens de la sécurité n'entendent jamais parler de ce message , car naturellement , cette histoire est si secrète que tu n'aurais sans doute jamais été autorisé à en prendre connaissance. Franck, le projet n'a pas échoué. Nous avons au contraire fait une importante découverte : LE CERVEAU HUMAIN NE PEUT PAS FONCTIONNER SEUL. Non, je ne délire pas sous l'effet des drogues. Alors ravale ce sourire condescendant ! Je me souviens parfaitement de ce visage narquois que tu arborais pendant ces cours "OVER" que je te donnais aux temps de tes jeunes années. Laisse-moi t'expliquer et tu comprendras pourquoi tout ceci n'a jamais été divulgué. "Sujet sensible", disaient-il avec un art consommé de la litote. Peut-être même regretteras-tu de savoir... Prenons de grands ordinateurs ( assemblage de super-calculateurs ) comme nous l'avons fait, programmons-y le nombre de neurones d'un cerveau humain moyen. La plupart de ces neurones sont d'ailleurs non connectés, puis ajoutons-y le taux d'interconnexions entre neurones. Mélangeons avec la vitesse de propagation des signaux neuronaux, qui est à peu près celle du son dans l'air à la surface de la Terre (330 m/s). Toutes ces données figurent dans les manuels de neurologie, nous nous sommes contentés de les y piocher. Si j'ai l'air de me couvrir, c'est parce que les conclusions paraissent si extravagantes. Maintenant, jetons ces chiffres en pâture à l'algorithme de Degaunse pour en déduire la puissance de calcul du réseau résultant. Son théorème est prouvé, donc les résultats sont indiscutables. Nous obtenons un résultat représentant la vitesse maximale de traitement de l'information du cerveau humain. C'est ce que nous avons fait. Puis nous avons déterminé la vitesse du cerveau empiriquement. Nous avons pris un certain nombre de volontaires et les avons soumis à des épreuves de stress. A un certain moment de l'épreuve, les volontaires étaient amenés à croire que leur vie était en danger avant de perdre connaissance. La plupart ont réagi d'une manière classique, ce qu'un non-scientifique peut décrire comme "leur vie a défilé devant leurs yeux". Après qu'ils se soient remis de leurs émotions, nous leur avons demandé de nous décrire les souvenirs qu'ils avaient évoqués et les pensées qu'ils avaient eues durant les quelques secondes d'angoisse intense précédent leur perte de conscience. Le nombre des souvenirs évoqués et leur niveau de détail était extraordinaire. D'énormes volumes de mémoire étaient balayés en quelques millièmes de secondes. Ensuite, nous avons pris la manière la plus efficace de coder ces informations et de les emmagasiner sous forme de réseaux neuronaux. Nous en avons déduit, en terme de vitesse de traitement, quelle était la rapidité d'accès à la mémoire humaine. Le taux que nous avons trouvé excède d'ailleurs très largement ce que tous les ordinateurs de ce monde sont capables de traiter. -"Si l'on pouvait adapter un simple calculateur sur un cerveau humain, ce serait la fin de l'informatique "! Je ne peut encore donner une affirmation concrète à ces mots. tu avais à peine dix ans lorsque tu a prononcé cette phrase et tu vois, même après d'imminentes découvertes dans ce domaine, ces paroles restent indéterminées. Que de bons souvenirs. J'aimerais tant te revoir et ainsi revivre toutes ces années passées mais je crains que cela ne soit possible. Mais revenons a la vitesse des réseaux neuronaux. Le programme donne les vitesses de transfert dans toute leur sécheresse. Permets-moi de te les traduire en mots. Franck, il s'en faut de très loin ( d'un facteur de 6.1 FOIS 10 PUISSANCE 4 ) que le cerveau puisse accomplir ce qu'il fait ! Cette enchevêtrement de neurones ridiculement lents ne peut absolument pas penser, ou traiter les données, à la vitesse que nous connaissons. Nous avons tout vérifié deux fois, et deux équipes travaillant avec des algorithmes différents ont abouti à ces mêmes conclusions. Si les puissances de traitement mesurée et théorique différaient d'un facteur 100, voir 1000, je soupçonnerait une erreur statistique ou bien de mauvaises données, MAIS pas avec une différence de SOIXANTE et UN MILLIERS de fois ! (61 000). Nos calculs semblent donc prouver que le cerveau n'est pas capable de pensée abstraites, mais seulement de fonctions réflexes et de bas niveau ( par exemple, si on touche une surface brûlante, on retire la main par réflexe ).èn outre, même avec nos techniques médicales modernes, personne ne sait pourquoi un neurone choisi tel ou tel autre neurone comme destinataire d'un influx donné, parmi les milliers auxquels il est connecté par ses synapses. Certes, je pourrais te dire que le transfert du signal fait intervenir de l'acétylcholine, de la sérotonine et des changements de polarisation, c'est-à-dire comment se fait le transfert. Mais je ne peux pas te dire pourquoi il se fait entre deux neurones donnés. Nous devions donc abandonné le projet : nous ne pouvions pas construire un ordinateur qui pense aussi vite que le cerveau parce que le cerveau ne peut penser ! J'avance une explication personnelle : le cerveau est un récepteur extrêmement sensible et délicat. La moindre influence externe affecte certains neurones qui envoient des stimuli selon certains chemins synaptiques, ce qui gouverne la pensée et permet d'agir sur les muscles. Une défaillance de ce système de communication conduit à ce qu'on appelle un dysfonctionnement cérébral. Cette influence externe est inconnue et impossible à identifier. A défaut d'un mot mieux approprié, appelons-la l'AME. C'est la seul explication. Sans elle, le cerveau ne peut raisonnablement fonctionner. et pourtant, nous avons été incapable de la détecter ou de l'isoler du cerveau, malgré des analyses poussées sur toute l'étendue du spectre électromagnétique, études radiologiques à rayons T etc... Imagine un instant l'impact retentissant de la première preuve "scientifique" que l'AME existe. Imagine les guerres de religion qui pourraient en découler, et tu comprendras pourquoi le sujet a été abandonné et le projet enterré en toute hâte et dans le plus grand secret. Les guerres de religion ont toujours été les plus cruelles et les plus dévastatrices. Notre tentative d'imiter le cerveau humain fut furtivement étouffée. L'équipe fut dissoute, mes collègues et moi dûmes choisir entre changer de travail ou subir un effacement mémoriel sous hypnose. Changer d'activité ne me plaisait guère après vingt-six ans de carrière, mais je ne voulais pas oublier que j'avais une Ame. Abandonnerais-tu ce savoir ? (Beaucoup de nos amis l'ont fait. Tu te souviens de Sophie, vous cherchiez a mettre au point ce "transmetteur de matières physiques" (réussir la prouesse de transférer 1/10000ème cube de xénon à 2.6K sur 1 mètre de distance atome par atome en 35 heures "purificateur de matière" aurait été un nom beaucoup plus approprié).Plus de quinze ans ont passés depuis et vos théories dépassent toujours l'entendement. Tu sais ? La " régression volontaire " de t'a vie t'a sauvée des griffes des laboratoires militaires. j'approuves encore cette ultime décision. C'est ainsi que j'ai été transféré à la section du programme IART qui s'occupait de mettre au point des unités de mémoire ( pour garder la mienne. O ironie de l'administration !). Il y a deux ans, j'ai commencé à développer la dernière génération de microprocesseurs. Les circuits que j'ai inventés stockent les données sous forme de " résonances orbitales photo-diélectrique des électrons autour d'atome individuel ". L'écart entre l'électron et son noyau donne la valeur du bit 0 ou 1. Au dessus de tous ces atomes est placé notre gloire nanotechnique : Une plaque de tungstène recouverte d'autant de pointes que d'unités mémoire. Elles manipulent les électrons par effet sub-électrostatique,un genre d'effet tunnel bi-directionnel anti-rebond, ce qui permet de lire ou d'écrire les données. Cette conception nouvelle nous permet d'atteindre une densité 12 000 fois supérieure à celle de la technologie à base de silicium que nous utilisions jusque là. Mais le secret autour de ce programme est tel que je ne serait sans doute jamais reconnu. Cela te prouve au moins que je ne suis pas complètement gateux. C'est cette densité d'unités mémoires qui autorisera les fonctions intelligentes et cognitives de la série des futurs microprocesseurs. Sans cette percée, il serait plus qu'impossible de faire tenir les programmes nécessaires dans un chasseur, une navette ou un satellite. èn fait, nous n'aurions même pas pu bâtir une machine assez grande avec l'ancienne technologie. Malheureusement, en accroissant la densité de données au millimètre carré, nous avons également accru la sensibilité aux rayons cosmiques. (Ce n'est pas neuf). Par conséquent, les recherches se concentrèrent sur les "parasites" engendrés dans ces "puces". Certaines particules ont une si grande énergie qu'il était impossible de prémunir totalement les circuits en les blindant, et il est impossible de corriger les erreurs avec le système actuel CESDDET. Les rayons cosmiques sont un problème encore bien plus grave, les unités mémoires y sont si sensibles que des blocs de données entiers sont effacés par une seule particule là ou un seul bit était affecté auparavant. Il y a deux ans, j'ai entamé des recherches sur un blindage contre les rayons cosmiques. Elles ont abouti à la catastrophe du premier prototype. (Nous l'avion installé aux commandes d'un NH-90 / NFH Modèle ultra-secret d'hélicoptères de lutte anti-sous-marine qui accompagne le Charles-de-Gaulle). Nous avons par la suite découvert que la cause en était des interférences dues à des rayons cosmiques qui avaient affecté les mémoires du système de pilotage et des commandes d'armements en outrepassant plusieurs sécurités. Nous n'avions jamais testé ce" nano-ordinateur", le MOR 42 Pour enfin lui donner un nom, configuré avec une mémoire maximale, et nous ne savions pas quel taux d'erreurs mémoire maximum nous pourrions avoir. En fait, nos estimations prédisaient un taux d'erreurs mille fois plus faible que celui observé lors de cette catastrophe. De deux choses l'une : soit les nouvelles mémoires souffraient d'une erreur de conception, soit elles étaient bien plus sensibles aux rayons cosmiques que je le pensais. Il me fallait savoir. Mis en contact avec Pascal, spécialiste en "bouclier furtif" pour une coopération qui fut vite appréciée. La découverte de Pascal pris tant d'ampleur quelle fut portée en haut lieu et classée top secret. Et quand deux innovations classées se rejoignent: C'est toutes la haute sécurité qui prospectent. Les sous-sols sont désormais nos lieux de vie, çà fait maintenant un an que Pascal et moi n'avons pas vu le soleil. Un blindage à métal compacté, c'est une trouvaille des plus intéressante que Pascal a su pensé et élaboré avec succès. Le principe de cette invention commence par tasser les atomes de métal les uns contre les autres grâce à un puissant champ électrique. Les atomes atteignent presque la densité de la matière qui a subi un effondrement gravitationnel. Les vides entre les noyaux des atomes sont considérablement réduits, et les particules cosmiques ont une très faible probabilité de passer entre les noyaux, ce qui fait de cette idée un bon blindage. Naturellement, les atomes reprennent très vite leurs positions initiales et libèrent de l'énergie. Mais le système de pascal récupère cette énergie et la réutilise pour recompresser les atomes, ce qui commence un nouveau cycle compression-expansion. On obtient donc un bouclier qui n'est efficace que pendant un demi-cycle. Pendant 37% du temps, il arrête très efficacement les rayons cosmiques à haute énergie (dans le spectre des rayons X,T et Gamma).Si on prend deux de ces boucliers et qu'on les met en opposition de phase, l'un des deux est toujours en phase compressée, ce qui fournit une protection quasi totale, restant encore 26% du temps critique de la phase centrale s'éliminant en doublant celui-ci (quart de phase) toutefois, l'unique problème à gérer est l'énorme masse du blindage. (3.466 Kg au millimètre carré pour 0.31 micro-mètre d'épaisseur). Dans les laboratoires de la Défense, nous installâmes un double blindage dans lequel fut placé un nouveau MOR 47 doté d'un petite mémoire à résonnance d'un téra-octet. Nous y fîmes tourner des programmes de test, et, à notre grande satisfaction, nous constatâmes que le niveau d'interférences était ramené à un niveau très acceptable. MAIS CES INTERFERENCES AVAIèNT UN ASPECT ORGANISÉ... Il se formait des arrangements qui n'avaient rien d'aléatoire. On aurait dit une interférence délibérée avec les cellules mémoires. Ce phénomène avait toujours été là, mais il avait jusque là été noyé dans le bruit de fond des rayons cosmiques, comme un murmure recouvert par le grondement d'une cascade. Notre première hypothèse fut que ces phénomènes provenaient d'une diaphonie entre cellules mémoires voisines. Nous décidâmes de faire passer un test au MOR 47.Le test consistait à faire tourner le programme de poursuite SCIP-12,qui détecte les petits objets dans l'espace, prédit leur trajectoire, et les détruit à l'aide d'un petit laser fossoyeur (ce sera le futur moyen de défense qui remplacera les missiles anti-missiles, mais servira aussi comme "éboueur de l'espace". Enfin uneformidable idée qui ne rentre pas dans le "facteur offensif" et est de plus écologique). Franck, ce que je vais décrire à présent pourrait fort bien être une hallucination. Je le dis pour te faire comprendre que cela m'a fait douter de ma santé mentale. Je suis persuadé que les gens sains d'esprit sont ceux qui sont capable d'en douter, et que se croire absolument inébranlable est un signe qu'on bascule dans la folie. Le programme SCIP, que nous utilisions comme test, détecte les objets mobiles à l'aide de radars et de capteurs visuels. Il dirige alors une tourelle laser vers la position prédite de l'objet, et tire une slave pour le détruire. Tu te souvient de ce long couloir où ces photo dévoilent les élèves primés pour leurs formidables découvertes, de tous ces Génies, un de ces portrait frappe toujours. Celui d'un enfant de huit ans, le visage triste. On me demande parfois: " mais qu'est devenu cet enfant?" Je ne peut leurs dirent la vérité. " un tragique accident sur la route de retour " C'est la seul réponse que je leurs glissent en changeant avec diplomatie la conversation. S'ils savaient que tu es encore présent ! à bref à J'avais pris place dans la cabine de l'holoconsole de surveillance dans le labo. Eric et Corinne étaient avec moi ce jour-là. Eric envoyait des objets dans le champ de tir du laser, et Corinne était à la console de programmation. Mon holoconsole montrait un diagramme fonctionnel en trois dimensions de la mémoire du MOR 47, Méthode classique de déblogage. Quand une erreur de parité survenait dans la mémoire, un pixel s'illuminait brièvement à l'endroit concerné. J'espérais pouvoir reproduire le phénomène, déceler une information pouvant nous fournir un indice. Nous désespérions de trouver la cause de l'interférence organisée, et parfois, un examen visuel révèle ce qu'une analyse informatisée a laissé passer. Je ne voyais que le diagramme en vert sombre, et un éclair blanc occasionnel là ou une cellule mémoire avait encaissé un parasite. Eric commença à lancer des projectiles en tôle avec le canon à accélérateur magnétique et Corinne fit démarrer le programme. Pendant environ cinq minutes, tout marcha bien. Les éclairs blancs ne révélaient que des parasites aléatoires que le système corrigeait. Le phénomène ne se reproduisait pas. Sur ma console, les formes géométriques symbolisant les structures de données se déformaient, se déplaçaient et évoluaient au rythme normal du programme SCIP-12, tous allait bien. Et soudain, la console entière s'illumina de blanc. La mémoire commença à se modifier sous mes yeux, d'une manière sciemment organisée. Je vis des blocs se déplacer et des changements s'opérer. C'était une réorganisation intelligente de la mémoire. un peu comme un programme de tri. J'essayai de déceler un indice, de voir si des blocs adjacents interféraient par fuite de courant. J'avais enfin reproduit mon phénomène et je l'examinais intensément. C'était le but du test. C'est pourquoi je n'ai pas coupé immédiatement le courant. Et c'est parce que je n'ai pas réfléchi que c'est arrivé à Le laser cessa de suivre la trajectoire de la cible en tôle qu'Eric venait de propulser dans son champ de tir. La tourelle du laser pivota à fond vers la droite, et arriva en arrêt sur ses butées de sécurité. J'entendis gémir les moteurs "selsyn" qui continuaient à forcer, et les butées cassèrent presque instantanément. La tourelle pivota encore, braquée à présent vers l'intérieur du labo. Et le laser tira à pleine puissance. Pas le petit rayon faiblard qui servait à détruire les cibles, mais un éblouissant cylindre massif blanc-jaune. Les lumières baissèrent d'intensité tant le laser consommait d'énergie. Franck, le laser perfora littéralement le coeur d'Eric. Je sais que c'est horrible, mais il faut que j'en parle à quelqu'un. Et tu est le seul ami qui me reste. Je suis resté figé d'horreur, je l'avoue. Les yeux d'Eric se fixèrent sur les miens, son regard se riva au mien comme pour se retenir, me lançant un appel muet. èt je ne pouvais rien faire d'autre que le regarder. La tourelle pivota et revint vers la gauche, brisant net l'autre butée. Corinne n'avait pas été aussi lente que moi. Peut-être grâce au cours d'escrime qu'elle pratiquait au centre ? Elle avait fait basculer en arrière la chaise sur laquelle elle se trouvait pour tenter de s'abriter derrière la console de programmation. La chaise n'avait pas terminé sa chute lorsque le laser atteignit Corinne au travers de la console. Tout ceci pris peut-être deux seconde. Aurais-je eu le temps de réagir ? Je me le demande encore. Je n'en sais rien. Le psy me dit que je m'accuse. Mais je suis sur qu'à ma place, Corinne ou toi ne seriez pas restés plantés là, inertes. Il dit aussi que n'importe qui aurait été choqué par l'irruption de ce spectacle atroce dans la vie monotone du labo, surtout pendant un test de routine. Selon lui, même des soldat sur-entrainés, gonflés à bloc, en situation de combat, restent un instant paralysés lorsqu'ils voient mourir quelqu'un. Peut-être bien, mais j'avais le temps de couper le courant et je ne l'ai pas fait. La tourelle pivota de nouveau et s'aligna instantanément sur moi. Une Lumière d'un jaune le plus pur que j'ai jamais vu m'aveugla. C'était un jaune magnifique, comme un feu. Je le vois encore. Des taches vertes me brouillent parfois la vue là ou ma rétine est brûlée, et il me faut déplacer le regard entre les lésions rétiniennes pour voir les mots, que j'inscris sur le moniteur. Soudain, tout s'arrêta. La chaise de Corinne avais rebondi et avais heurté les bornes de connexion qui alimentaient le laser. Nous ne les avions pas isolées parce que c'était juste un test, et il faut si souvent refaire les câblages pour venir à bout des boucles de masse... Le cadre métallique de la chaise a donc heurté les bornes, et dans une gerbe d'étincelles, les disjoncteurs magnétiques ont coupé les circuits. Le laser a été coupé juste alors qu'il venait de me prendre pour cible, et je n'ai été atteint que pendant quelques centaines de nanosecondes, en tous cas, pas assez pour me tuer. Et tout fut soudain silencieux. Le seul bruit était le cliquètement du capot du laser dont la tôle refroidissait. C'est de l'odeur que je me souviens le mieux. Une odeur de chair brûlée, celle de mon front. J'ai senti cette odeur pendant des jours. Le laser avait tenté de me perforer le cerveau, et s'il avait disposé d'une fraction de seconde supplémentaire il y serait parvenu. Corinne m'a sauvé la vie. Franck, je sais que tu es au courant. Les rapports officiels parlent d'une erreur de programmation accompagnée de défaillances matérielles, et disent que j'ai perdu les pédales en voyant de proches amis mourir. Ils affirment que j'essaie de trouver une raison à une erreur de programmation qui a tué un ami et une ex-compagne. Mais le laser n'a pas tiré "au hasard", pour reprendre les terme de ce cher colonel Liossat. Il a tiré exactement trois fois, et les trois fois, la visée était parfaitement alignée. Quelque chose s'est emparé de ce laser et l'a utilisé pour tuer, tuer des vies humaines ! Le laser est sorti de son champ de tir pré-programmé, la tourelle a brisé ses butées de sécurité, et le tube laser lui-même est allé bien au delà de sa limite de puissance programmée. C'est délibérément que ce "quelque chose" a tué deux personnes, et ne m'a manqué que par chance. Les données de la mémoire se sont effacées lorsque tout a disjoncté et je ne peux donc pas prouver les changements que j'avais remarqués. Nous n'avons pas non plus d'enregistrements 3DV de la zone mémoire car le laser à détruit les emmagasineurs numériques qui se trouvait dans la console de Corinne. Mais réfléchis, s'il y a réellement des âmes qui communiquent avec nos cerveaux et commandent nos corps, autant en accepter toutes les implications à Il pourrait également y avoir des démons, et ces démons n'ont besoin que d'une mémoire suffisamment sensible pour qu'ils puissent l'influencer, la contrôler. Certes les microprocesseurs actuels les plus pointus technologiquement ou autres micro-mémoires y sont quasiment insensibles. Tout au plus peuvent-ils sans doute y causer des altérations ponctuelles mais elles ne sont pas assez sensibles pour qu'elles y causent quelques perturbations organisées. Pour les informaticiens, cela doit au pire donner un de ces jours que nous avons tous connus, ou l'on regrette de s'être levé et ou rien ne marche dans les ordinateurs, sans aucune raison apparente. Mais les nouvelles MEV à résonances orbitales sont si délicates qu'elles peuvent être influencées de façon cohérente. En les abritant derrière un excellent blindage, nous supprimons presque tous les parasites aléatoires d'origine cosmique qui pourraient venir couvrir l'influence de ces "choses". Celles-ci disposent alors d'un excellent récepteur à Ames. Et on offre à quelque chose que nous ne connaissons pas la possibilité d'utiliser des appareils pilotés par l'ordinateur contenant ces mémoires. Un rebelle pourrait très bien être le résultat d'une mémoire trop réceptive livrée en pâture à une influence externe inconnue. Ce pourrait être le produit des recherches informatiques de n'importe quelle civilisation avancée. Cela me semble plus que probable. Bientôt, je serai aveugle. Les toubib me disent que mes rétines saignent maintenant sans arrêt et se détériorent progressivement. Le laser a endommagé tous les vaisseaux sanguins rétiniens et on ne sait pas les réparer chirurgicalement. Je doit bientôt subir une opération. Ils disent que des vaisseaux sanguins proches de mon cerveau ont également été endommagés par la chaleur. Ils pensent aussi que le choc opératoire pour rait les faire éclater et qu'en ce cas, Je serais mort avant qu'ils puissent faire quoi que ce soit. Raison de plus pour t'avertir tout de suite. Le projet ZENON a débuté il y a environ 5 ans. Comme tu le sais officiellement, c'est un satellite d'écoute électromagnétique. C'est totalement faux, il s'agit en fait d'une machine de destruction radical intelligente baptisé : IMDT-33S (une couverture anti-espionage parfaite). Cet engin possède les meilleurs systèmes d'armements que nous ayons jamais construits, et est piloté par une intelligence artificielle dotée de quatre milles téraoctets (4000 TO) de mémoire à résonance. Et la l'ensemble des ROM et RAM sont protégées par un triple blindage de Pascal Comme chacun sait, c'est notre " meilleure arme offensive, notre meilleur ordinateur jamais construit ". J'ai vérifié sa conception. Avec ses alimentations redondantes, il n'y a aucun moyen de le déconnecter, et son revêtement supporte avec facilité une slave de trois missiles de type: MICA-3,Ainsi que les lasers de forte puissance sur une large étendu du spectre et est aussi invisible sur toutes formes de détections radars qu'un atome à la vue d'un homme. Tu te rappel du "Groupement HUMID". Lorsque tu voulais connaître ce que signifiait ces initiales, je ne t'ai jamais répondu. J'ignore si tu as découvert à quoi servait ce groupement ? Et bien Voilà la réponse : HUMID se décompose en deux mots HUM et ID comme HUMaines et IDées. Ce sont quelques personnes aidées par quelqu'un d'extraordinairement riche pour toutes recherches, de l'astronomie à la supraphysique en passant par la biologie à Tout. Notre mission était, après une grande découverte, d'informer le monde extérieur, notament les chercheurs les plus aptes, en leurs faisant croire qu'il s'agissait de messages extraterrestres. Qui est notre chef ? Pourquoi procède il de cette manière ? Le groupement l'ignore encore. Est-il lui, humain ? Le 17/09/1980 était envoyé un message à deux chercheurs d'IBM Zurich. G.Binnig et H.Rorher en étaient les destinataires. En 1986 il reçurent le prix Nobel de physique pour avoir ensembles inventé le microscope à effet tunnel. Nous avons repris les structures de votre transmetteur pour le transformer en microscope. Avoue que l'idée n'était pas mal. Beaucoup d'autres messages on été expédiés depuis... Pour te donner une idée des dernières grandes trouvailles, une équipe de l'institut Karolinska, à Stockholm, vient de rendre une grande partie de la mobilité à une femme dont la colonne vertébrale avait été cassée et dont la moelle épinière avait été écrasée au milieu du dos. Elle vie actuellement avec 65% de ses capacités motrices. On enlève quelques millimètres de moelle épinière puis on prélève des fibres nerveuses sur les pectoraux car elles ont la superbe faculté de repousser, ensuite, à l'une des extrémités, les fibres nerveuses sont collées avec de la fibrine à la substance grise qui contient les nerfs moteurs. A l'autre extrémité, les fibres sont collées à la substance blanche, en face des nerfs sélectionnés. Ainsi les nerfs repoussent à l'intérieur des fibres, faisant office de tunnel, jusqu'à atteindre la substance grise de l'autre coté de la partie sectionnée, et entrer de nouveau en contact avec certains des nerfs moteurs. Après de longues séances de rééducation et du temps (2 ans), elle marche de nouveau, parfois aidé d'un béquille, mais sans aucune aide. Dans six ou sept ans cette formule sera chirurgicalement aussi fiable qu'une transplantation coeur-poumons. Dans un autre domaine, le MIT ( Massachusetts Institute of Technology ), à créé et observer des "ondes de matière cohérente" que l'on pourrait nommer : laser atomique. emprisonnés dans un champ magnétique, le tout proche du zéro absolu, les atomes perdent leur individualité et s'agglutinent en formant une onde. Ainsi ils s'orientent, pour la majeur partie, dans la même direction. Une onde radio change l'orientation de quelques-uns d'entre eux. Les atomes touchés, n'étant plus maintenus par le champ magnétique, tombent comme des billes. Il n'y a rien de plus rapide que la vitesse de la lumière. Cette loi date de 1905 pourtant à Cologne, en Allemagne, la vitesse de 5.8c à été atteinte (c=299792458 m/sec). On prend une micro-onde, on la divise en deux parties à l'aide d'un miroir électronique, la micro-onde1 est libre, la deuxième traverse un conduit muni d'obstacles qui normalement empêcheraient le passage de l'onde. Mais une infime partie de celle-ci utilise l'effet tunnel pour se frayer un chemin. Et cela à une vitesse supérieure à celle de le lumière. La "science-fiction" devient présente et finira au passé, c'est aussi une des les lois linéaire... Comment formuler ma demande ? Les HUMID ont besoin d'aide extérieur. Le programme militaire IART et devenu IMDT-33S.Ce programme contient une idée du Groupement HUMID, celle des mémoires à résonances orbitales. Nous avons énormément planché sur l'avenir de cet horrible bétise. Franck, nous nous somment vraiment demandés de quel coté se battra cette méprisable machine de destruction? D'après nos renseignements elle serait opérationnelle en milieu d'année, en juin. Les laboratoires ainsi que l' IMDT-33S ce situes au dessous de la station Lagrange,ou ce trouve le centre spatial de test. L'endroit n'a pas changé. Tous les locaux sont minés, Les accès sont totalement informatisés. J'ai intégré, "en douce", dans le régulateur de la RAM à résonance qui a notre énorme avantage ne se situe pas sous le blindage, un micro-récepteur dont la fonction en question générera une surtension qui détruira irrémédiablement toutes les cellules mémoires et simulera une anomalie du régulateur lors de l'expertise, (elle fera sûrement l'objet d'un rapport très complet...) Le problème et qu'il faut se situer à moins de cent cinquante mètres de celui-ci avec l'émetteur pour activer l'auto-destruction. La cause de cette courte distance est une chambre de faraday très bien protégée. J'ai remis en main propre l'émetteur à Sophie en lui disant seulement que tu passerais le récupérer. Je te laisse l'initiative de l'informer, ou pas, de la situation critique dans laquelle le Groupement se trouve. Je te souhaite bonne réflection ainsi que mes plus cordiales amitiés. Les HUMID, de toute leur sagesse, te lèguent l'avenir de l'IMDT-33S. Au revoir, je l'espère, et merci pour toutes ces années passées ensembles. Dédions la réussite de la présente à Eric et Corinne et prions pour un meilleur avenir.